Interview de Nicolas Bourreau – Hello Sports Biz

Interviews, Sport Business
Interview de Nicolas Bourreau

Pour ce premier épisode de Kinic Sport, le podcast, nous recevons Nicolas Bourreau, un expert en marketing sportif qui est passé par l’ASVEL et Gravelines. Il est aussi le fondateur d’Hello Sports Biz, la newsletter premium sur le Sport Business.

Découvrez l’interview de Nicolas Bourreau

KINIC SPORT : Bonjour Nicolas Bourreau, vous êtes le fondateur de la newsletter et du site internet « HelloSportsBiz.com ». Première question, est-ce que vous pouvez vous présenter et quel est votre parcours professionnel ?

NICOLAS BOURREAU : Bonjour, et déjà merci de me donner la parole dans le cadre de votre podcast. Donc je suis Nicolas Bourreau, je suis un professionnel du marketing depuis plus de 15 ans maintenant. Et j’ai eu la chance de débuter ma carrière dans le sport professionnel, dans le basket professionnel pour travailler sur des sujets qui, il y a 15 ans, étaient plutôt rares, c’est-à-dire des sujets liés à la RSE et à l’engagement tant citoyen qu’environnemental dans le sport. Aujourd’hui, je suis le fondateur de la newsletter Hello Sports Biz dans laquelle je partage avec mes abonnés qui sont plus de 1 600 aujourd’hui, le fruit de ma veille, le meilleur de ma veille, et au-delà de partager cette veille, ce sont donc des articles sélectionnés. J’essaie également à chaque fois de donner mon avis, sur les actualités pour permettre aux lecteurs de s’inspirer ou au moins, d’ouvrir un débat ou de pousser une réflexion. 

KINIC SPORT : Alors vous l’avez dit, vous avez travaillé au sein de grosses structures sportives professionnelles, notamment dans le basket : l’ASVEL et Gravelines Dunkerque. Est-ce que vous pouvez revenir un petit peu sur vos missions au sein de ces structures et quelles expériences vous en tirez justement de ces structures sportives de haut niveau ?

NICOLAS BOURREAU : Alors moi je suis entré dans le sport professionnel dès la fin de mes études, par foi déjà parce que mon mémoire de fin d’études lorsque j’étais à l’IAE, donc ma dernière année en BAC+5, le sujet de mon mémoire c’était comment le capital marque des clubs de sports professionnels pouvait les aider à développer leur business et un des points sur lequel je travaillais régulièrement, c’était l’engagement citoyen. Et c’est dans ce cadre-là, que je suis rentré dans les clubs de basket pro dont vous avez parlé, c’est-à-dire l’ASVEL et Gravelines Dunkerque, et principalement mes missions dans ces deux clubs, c’était justement de mettre en place des dispositifs d’actions citoyennes. Alors ces deux clubs où j’avais des responsabilités de marketing et de communication bien plus élargies, les clubs de basket français sont des clubs avec de fortes notoriétés. Malgré tout, ça reste des PME avec des effectifs administratifs réduits et du coup, vous avez la chance quand vous êtes dans ces structures-là d’avoir des compétences très élargies, donc j’ai fait du marketing et de la communication, d’abord dans tous les sujets. Avec Gravelines, on a avancé sur beaucoup d’innovations, à l’époque aussi en termes de branding et d’appréhension du rôle des médias pour un club sportif professionnel et c’est vrai que le cœur de mon métier et vraiment ce qui a construit ma fibre de marketeur dans le sport, c’était cet engagement citoyen. Et à l’ASVEL et à Gravelines, j’ai monté des dispositifs d’actions citoyennes des clubs, en me disant une chose, que l’on soit un gros club comme le PSG, ou que l’on soit un club amateur, quelque niveau que ce soit, et dans quelque sport que ce soit, tout part de l’ancrage local et tout part du lien qu’on est en capacité de créer avec un maximum d’acteurs locaux et pas essentiellement des acteurs sportifs et pas essentiellement des gens qui sont d’emblée dans votre premier cercle de fans ou, parlons business, de clients. Le but, c’était vraiment de se dire, voilà le club, au-delà d’être une entreprise, le club est une personne morale à part entière, et bien donnons corps à cette personne morale et puis essayons d’en faire une vraie personne, c’est-à-dire, elle a un métier, cette vraie personne, mais au-delà de son métier elle a aussi des passions, elle a aussi des valeurs, et bien essayons de transmettre ses valeurs, essayons de faire transférer dans chacun de nos faits et chacune de nos actions, et surtout allons vers les gens, sortons de notre bulle. Parce que c’était un des problèmes, il y a 15 ans, le sport professionnel et les sportifs professionnels étaient vraiment vu comme des gens dans leur bulle et on fantasmait un petit peu leur vie et il était important à mon sens d’éclater cette bulle et pour l’éclater il fallait que ça vienne de nous, il fallait que ça vienne des clubs, qu’on aille vers les gens. Il fallait qu’on aille vers des choses qui les rassurent eux, dans leur environnement à eux pour qu’ils soient rassurés quand on vient les voir, que ce ne soit pas essentiellement des endroits où nous on les fasse venir chez nous, où ils auraient pu avoir une certaine timidité, là on se déplaçait, on montrait qu’ils avaient de l’importance, on allait vers les gens. Le fruit de mon travail, ça a été de mettre en place des micro-actions, donc avec très peu de personnes sur les actions citoyennes que l’on mettait en place, mais pour une chose c’était que chaque personne qui soit sur les actions citoyennes que l’on mettait en place, elle ait une vraie valeur ajoutée à cette action qu’on mettait pour elle et qui a un vrai lien qui se créé. Pour résumer rapidement, le cœur de mon métier et le cœur du sens des actions que j’ai pu mettre en place au début de ma carrière dans le sport professionnel.

KINIC SPORT : Vous êtes, on l’a dit, à l’origine de la newsletter Hello Sports Biz, alors déjà quel est le concept exact pour ceux qui ne connaitrez pas le concept d’une newsletter et celle-là en particulier ? Comment vous est venu l’idée, quel a été le déclic pour la création de Hello Sports Biz ? Le nombre d’abonnés vous nous l’avez dit et le site internet, racontez-nous un petit peu la genèse de ce projet.

NICOLAS BOURREAU : Alors, Hello Sports Biz c’est vrai que c’est une newsletter, mais c’est vrai que ça ne ressemble pas forcément à l’idée que l’on se fait d’une newsletter, et c’est plutôt voulu. J’ai souhaité faire d’Hello Sports Biz un média caché et un média à part entière. Se dire voilà qu’une newsletter ne devait pas juste être un simple point vers de multiples articles. A l’heure d’info visité, je me suis dit que c’était quand même insensé de se dire qu’on voulait obliger les lecteurs à faire de multiples aller-retours pour avoir accès à l’information et à l’information totale. Donc je me suis dit voilà, moi l’information que je veux transmettre à mes abonnés, je veux qu’elle soit totale, c’est-à-dire que quand ils lisent ma newsletter ils aient l’intégralité de l’information. Il y a des liens vers des sources, il y a des liens si on veut encore approfondir, mais la newsletter se suffit à elle-même, c’est-à-dire que si vous lisez la newsletter c’est suffisant. Moi souvent on me dit le taux de signe de ta newsletter, bah ça ne m’intéresse pas trop, je n’ai pas énormément de CTA, de Call To Action dans ma newsletter parce que le but, ce n’est pas de faire aller le lecteur vers un autre contenu, le but c’est le contenu au final. Donc ça c’est la première spécificité de Hello Sport Biz, c’est qu’il s’agit d’un média à part entière, c’est un média caché parce que vous ne pouvez pas trouver une newsletter quand vous êtes sur Google, si vous cherchez sur Google. Si vous voulez avoir l’information, il y a dans les newsletters l’information plus mon analyse, parce que c’est une petite spécificité aussi. Au-delà de donner une information brute, je la commente et j’essaie toujours de donner mon avis dessus pour offrir un premier niveau de lecture. C’est un avis, les gens le prenne comme ils veulent, cela les inspire, cela ne les inspire pas, ils sont d’accord, ils ne sont pas d’accord, peu importe mais au moins on va au-delà d’une info brute. Être informé c’est bien, mais moi ce que je veux c’est que les gens comprennent. Les gens se disent ok, comment je m’approprie ça, comment je peux le faire pour moi, je suis un gros club de Ligue 1 ou je suis un petit club amateur de Tir à l’Arc, comment je m’approprie cette information, comment est-ce que je comprends les mécanismes qui sont mis en place là-dedans et comment je peux le mettre en œuvre pour mon club, et pour que ce soit bénéfique pour mon club. Donc ça, c’est le but. Quand vous lisez la newsletter, vous avez tout ça. 

Ensuite comment m’est venu l’idée de la newsletter ? Bah en fait la newsletter c’est le fruit de ma veille et ma veille je la faisais, c’est la base de mon métier de marketeur, je fais énormément de veille et garder la veille pour soi c’est bien mais je pense quand même que c’est limitant et j’ai toujours aimé partager mes avis, partager mes points de vue avec les gens. Et je me suis dit un jour, que ce serait vraiment pertinent de ne pas garder ça pour moi tout seul et de pouvoir le partager. Et je me suis dit oui, lancer une newsletter c’est aussi ça, pouvoir partager avec vous, montrer aux gens comment on réfléchit aussi. Je suis consultant, c’est toujours important de montrer aussi, on va dire, l’échantillon de votre manière de travailler. La newsletter c’est aussi un petit peu ça, c’est partager avec les gens, c’est leur permettre de s’inspirer, leur permettre d’avoir des premières idées, pouvant être activées dans leur métier de tous les jours, et puis c’est aussi montrer un petit peu ma démarche de réflexion, mon approche du sport business, ma manière de traiter les choses, de traiter les informations et de rebondir dessus.

KINIC SPORT :  Et comment travaillez-vous le contenu de votre newsletter, la veille etc. ? Au final, comment vous décidez de ce qui est publié ou de ce qui ne l’est pas ?

NICOLAS BOURREAU : Alors en fait, ça c’est assez particulier c’est-à-dire qu’il n’y a pas une thématique claire, au-delà du sport business, il n’y a pas de thématique claire dans la newsletter. Les choix de sélection des articles que je fais, c’est quand ça me plait et quand ça m’évoque tout de suite quelque chose. C’est-à-dire que quand je lis un article et que j’ai le cerveau en fusion et que je me dis oh bordel ça, ça pourrait être utilisé comme ça, et hop, je me dis, voilà c’est que ça pourrait être intéressant. Si moi, j’ai réagi tout de suite dessus et que j’ai tout de suite eu des idées par rapport à cette première lecture, c’est que forcément c’est intéressant et donc je sélectionne cet article et puis quand je l’ai sélectionné, je l’accepte dans la newsletter ou alors il va être relayé de manière brute sur mon compte twitter. Mais c’est vrai que la sélection brute se fait comme ça. Quand l’article me plait, quand je sens vraiment qu’il y a un potentiel derrière au-delà de l’information parce que ma newsletter n’est pas une newsletter d’information, vous avez des newsletters d’informations sur le sport business en France qui sont des vrais relais d’informations et qui peuvent pousser beaucoup plus d’informations journalières que moi je peux le faire. Moi je suis plus sur, pas de l’investigation, mais je suis plus sur un média, que j’appelle un média premium où on va dans l’utilisation, c’est un outil de travail. J’ai des retours de professionnels du secteur, que ce soit des gens de La Fourmi, des gens de la Ligue Nationale de Basket ou de la LFP ou de chez Avas ou autre, ou dans les clubs mêmes. Ils me disent ta newsletter c’est devenu un outil de travail. On l’utilise au quotidien pour s’inspirer, pour montrer ce qui est possible et on la partage en interne. Et donc ça c’est hyper important de savoir que c’est un outil de travail et c’est aussi exactement comme ça moi que je sélectionne mes sujets, c’est-à-dire que si j’étais encore dans un club, responsable marketing d’un club, cette actualité là, qu’est-ce que j’en ferais. Et à partir du moment où c’est actif, je me dis que c’est bon, je peux l’utiliser. Et que je peux la mettre dans la newsletter, c’est qu’elle a un intérêt d’être dans la newsletter.

KINIC SPORT : Alors justement, vous côtoyez des professionnels et forcément le monde sportif en tout cas le business sportif, vous le connaissez bien, évidemment. On va enchainer justement avec des questions autour des structures sportives. Est-ce que vous pensez qu’il faut un profil de sponsors spécifiques ? Et si oui lequel par rapport à une structure ? Est-ce qu’une structure sportive doit avoir un profil type de sponsors ou pas du tout ?

NICOLAS BOURREAU : Non, pas du tout. Déjà, parce qu’il faut faire attention quand on parle de sponsor. C’est un terme qui n’existe pas dans la vie réelle « sponsor », vous n’êtes pas sponsor, ça, ça n’existe pas, vous n’avez pas de profils de sponsors, vous avez des entreprises, c’est tout. Et ces entreprises deviennent des sponsors. Mais avant qu’elles se soient engagées avec vous, elles ne sont pas des sponsors. Donc, vous ne devez pas chercher des sponsors, vous ne devez pas démarcher des sponsors, vous devez démarcher des entreprises. Mais, quand vous êtes par exemple un club de Ligue 1, on pourrait dire voilà, il faut trouver des sponsors de ce type, et de ce type, et ce type. Moi je ne pense pas à ce schéma-là. C’est très rassurant comme schéma parce que ça vous permet de savoir à quelle porte aller taper mais c’est aussi très limitant. Cela voudrait dire un petit peu que tous les clubs de Ligue 1 sont les mêmes, sont identiques. Alors que moi mon combat aujourd’hui, et ce que j’ai essayé de mettre en place dans les clubs où j’ai travaillé, c’est justement de se construire sa marque. Et donc construire sa marque c’est quoi ? C’est se différencier de son confrère, trouver sa valeur ajoutée, trouver sa profondeur, trouver son « unique value », je n’arrive pas à trouver le terme en français. Mais son plus, le truc où on est le meilleur par rapport à n’importe qui et moi je pense que n’importe quel club a la capacité à s’identifier et à être le meilleur sur un point identifié. Et c’est ça son unique value, et à partir du moment où vous avez compris quelle est votre valeur unique qui vous différencie des autres, là vous savez qui aller chercher, là vous savez vers quels partenaires, vers quelles entreprises vous pouvez aller. A partir du moment où vous savez ce que vous pouvez apporter aux autres, c’est là que vous êtes capable d’identifier qui vous allez aider. Et moi je dis toujours, c’est Pierre Gauthier d’Arenametrix qui me le rappelait une fois, il m’a dit une fois, tu as dit une phrase qui m’a marqué et je la réutilise maintenant quand je suis en rendez-vous client, et j’ai dit une fois il ne faut pas remercier son partenaire, il faut leur soutien, il faut les remercier pour leur confiance, et ça, ça c’est la différence. Si vous remerciez vos partenaires pour leur soutien, c’est que ce sont eux qui vous aident à accomplir quelque chose. Et le sponsoring ce n’est pas ça, le sponsoring c’est une prestation de service, donc vous ne devez pas remercier pour l’aide que l’on vous donne, vous devez remercier pour la confiance que l’on vous a accordé, que votre sponsor vous a accordé, pour que vous, vous l’aidiez à accomplir un de ses objectifs à lui. Et quand vous êtes dans cette démarche-là, ensuite, vous arrivez à identifier vos futurs sponsors parce que vous aurez réussi à identifier les entreprises que vous êtes en capacité d’aider. Donc on ne peut pas dire, par exemple pour les clubs de Ligue 1, il y a un sponsor clé, il y a un type d’entreprise qu’il faut aller voir. Non, c’est vraiment un travail de club à club qui doit se faire, à mon avis.

KINIC SPORT : Alors avec la crise actuelle que nous vivons, du moins la crise sanitaire liée à la COVID-19, selon vous comment prévoir la suite en termes de partenariat sportif ? Pour les entreprises, vous l’avez dit justement, quelles peuvent être les solutions, même si j’imagine qu’elles sont multiples, est-ce que les objectifs seront différents pour les entreprises et pour les structures sportives, ou bien est-ce que ça passe aussi par le virtuel ?

NICOLAS BOURREAU : Alors le virtuel va forcément aider, et il aide déjà aujourd’hui à activer les sponsorings qui avaient été signés. Dans tout cas, les clubs les plus dynamiques, les plus réactifs et flexibles ont rapidement su utiliser le numérique et le digital pour compenser des droits marketing qui étaient physiques, qui ne pouvaient plus être activés, qui ne pouvaient plus être aussi performants dans un contexte de match à huit clos ou même de compétitions annulées, ce qui a été le cas pour la fin de saison dernière, de la Ligue 1. Donc c’est vrai, que le numérique va rester sur les enjeux et les activations de sponsoring et ce qui est plutôt une bonne chose parce que le numérique a un avantage, c’est qu’il est lié à des aspects de Data et de ciblage. Et donc on va vers des choses beaucoup plus concrètes, beaucoup plus faciles à maitriser. C’est toujours quand même beaucoup plus compliqué avec le sponsoring d’affichage traditionnel où le ROI est beaucoup plus compliqué à calculer et la manière de transformation directe entre l’activation de sponsoring et le résultat business pour le partenaire est plus long ou même pas du tout faisable, le lien. Le digital, en tout cas quand il est bien utilisé avec ses forces, le digital permet une transformation et un ROI rapide. C’est quasiment instantané, c’est-à-dire que vous êtes en capacité à mesurer aussitôt. Donc ça, c’est le premier point, c’est-à-dire que le digital permet de rendre le sponsoring beaucoup plus concret, et ça, c’est une très bonne chose à mon sens. La crise du COVID va forcément changer le sponsoring, est-ce qu’elle va changer les partenaires, les entreprises qui vont faire confiance au sponsoring ? Je ne pense pas. Vous allez avoir les nouveaux riches, toutes ces entreprises qui vont profiter du COVID. On voit déjà, ce sont des acteurs qui arrivent comme TeamViewer à Manchester United qui remplace Chevrolet pour un des plus gros sponsoring maillot du football européen, ça ce sont des nouveaux riches, ce sont des gens qui ont de l’argent aujourd’hui, donc ils se disent bon bah voilà on entretient la force, on surfe sur la grosse vague que le COVID nous a offerte et puis on fait de la communication, on sort de notre petit pré carré B to B pour aller vers du B to C grand public et vers une activation de notoriété. Donc ça, c’est bien, mais ce sont des mécanismes qui sont traditionnels du sponsoring, c’est à dire faire des opérations de communication. Moi je pense vraiment que le gros changement dans le sponsoring, c’est qu’on passe d’une opération de communication du sponsoring comme outil de communication, au sponsoring comme outil marketing. Et de plus en plus, on va tirer vers l’outil marketing, vers l’outil dédié à la performance marketing de l’entreprise parraine, et non plus au service de la performance de la communication. Donc on va aller de plus en plus vers du concret, on va aller de plus en plus vers un sponsoring dont l’objectif sera une transformation business rapide, concrète et lisible. Je pense que c’est le principal changement qu’on va avoir avec le COVID et l’avantage que les clubs peuvent voir dans ce changement, c’est que votre interlocuteur qu’il ait eu des problèmes avec le COVID ou non, peu importe j’ai envie de dire, parce que le budget sponsoring qui sera alloué ne sera plus un budget de communication et Dieu sait que les communicants savent comment leur budget en temps de crise, peut être coupés très rapidement dans l’entreprise, ils vont devenir des budget qui seront plus sous le chapeau du marketing et du commercial, et vous êtes sûr que quand l’entreprise va mal, vous ne coupez pas les budgets de vos commerciaux, au contraire. Vous donnez de la force à votre secteur commercial parce qu’il faut relancer la machine et faire du business. Et donc les entreprises qui ont compris rapidement comment aider leurs partenaires, leurs sponsors à faire du business, ces entreprises-là, ces clubs-là n’auront pas de soucis à signer des sponsorings dans le futur.

Alors justement, transition parfaite, en termes de marketing sportif, quel est l’activation la plus incroyable, en tout cas qui vous a marqué, que vous pourriez nous partager, est-ce qu’il y en a une ?

NICOLAS BOURREAU : Il y en a beaucoup, comme vous faites, comme je le fais une à deux newsletters par semaine sur cette thématique, il y en a beaucoup, il y en a une qui m’a particulièrement marqué. C’est l’activation de Burger King avec le club de D4 anglaise de Stevenage FC. Donc Burger King a choisi il y a un an et demi ou deux ans, de devenir le sponsor maillot d’un club peu connu d’ailleurs, c’était dans les abs fonds de la 4ème division du football anglais, une division je ne sais même pas si c’est professionnel, cela doit être semi-amateur. Pour je crois, 50 000 livres ils sont devenus sponsor maillot de ce club. Et 50 000 livres ça ne représente pas grand-chose pour Burger King. Je pense que pour les acteurs du milieu, ils ont dû se dire pour 50 000 livres pour parrainer ce club-là, c’est n’importe quoi. Et c’est vrai qu’à la base vue comme ça c’est n’importe quoi. C’est beaucoup d’argent pour un club de D4 anglaise surtout qui n’a aucun, qui n’avait pas forcément de projets de monter, qui n’était pas forcément bien classé et qui n’avait pas énormément d’atouts pour lui. Par contre, Burger King avait identifié un atout majeur à ses yeux, c’est que même si ce club était en D4 anglais, ce club était présent dans le jeu vidéo FIFA 2020. Et Burger King avait compris comment fonctionnait les aficionados de ce jeu vidéo, donc les, et il y en a beaucoup, les gens qui jouent à FIFA, au jeu vidéo FIFA 2020 et 2021 aujourd’hui, ces gens-là qui jouent notamment au mode carrière, adorent se lancer des défis. Donc, c’est un petit peu le truc genre si vous prenez le Réal Madrid pour faire votre mode carrière, c’est que vous êtes nul quoi, vous prenez forcément les meilleurs joueurs donc vous vous vous faites chambrer par tout vos potes donc, le défi c’est de prendre l’équipe la plus mauvaise quasiment et de se dire c’est moi qui la construis moi-même. Et donc Burger King s’est dit, on va lancer un défi aux joueurs de FIFA du monde entier en leur disant bah prenez Stevenage FC et essayez d’en faire la meilleure équipe au monde dans le jeu FIFA. Et ils ont mis en place un système d’activation pour que, alors au début les activations étaient petites, c’était que vous preniez l’équipe et vous réussissiez, vous arriviez à faire un dribble, à marquer un but, et à partager vos vidéos sur les réseaux sociaux et ainsi de suite. Ils ont réussi à faire en sorte qu’au bout du compte, Stevenage FC est devenu l’équipe préférée des joueurs du jeu FIFA et du coup, ils ont eu un sponsoring, à la base une acquisition de droits de 50 000 Livres, qui est devenu la meilleure activation sponsoring de 2020. Et c’est cette intelligence de se dire que l’activation de droits, c’est une chose. Mais quand vous arrivez à acquérir des droits, c’est que vous avez un outil entre les mains. Si cet outil vous n’en faites rien, ça ne vaut rien. C’est à dire que vous achetez les droits du maillot du PSG, si derrière, vous n’activez rien, vous aurez dépensez de l’argent, vous aurez un peu de retour, mais vous n’aurez pas le retour équivalent de ce que vous avez payé. Et Burger King s’est dit, ce qui est important, c’est la manière dont on l’utilise, c’est toutes les opportunités qu’on peut utiliser et comment on peut activer ce partenariat qui est un partenariat modeste à la base pour en faire le meilleur partenariat de l’année dans le football mondial et j’ai trouvé ça très intelligent de se dire bon bah voilà c’est notre capacité à communiquer, c’est notre capacité à activer, c’est notre capacité à créer du lien avec une certaine communauté qui fait que le sponsoring est performant. Et ce n’est pas tant l’acquisition de droits signés au départ qui est bon ou qui est mauvais.

KINIC SPORT : Alors, en quelques mots et ce sera ma dernière question, est-ce, ce type d’activation le marketing sportif de demain ou le sponsoring sportif ? Est-ce que ce sera ça demain, est-ce que les marques utiliseront ce type de procédé pour activer leurs investissements auprès des structures sportives ?

NICOLAS BOURREAU : Et bien je l’espère et en tout cas, les entreprises qui utilisent le sponsoring dans leur stratégie ont tout intérêt à comprendre ça. Moi, je prends toujours l’exemple quand j’ai, soit des clients, soit quand j’interviens, je dis toujours quand vous voulez construire une maiso,n vous pouvez vous acheter la meilleure pelleteuse du monde, mais la pelleteuse ne va pas construire la maison. Ce sera un outil indispensable pour vous aider à, mais en tout cas, ce n’est pas elle qui va le faire. Il va falloir embaucher un mec qui sait utiliser la pelleteuse, il va falloir embaucher un chef de chantier, un architecte pour faire les plans. Et c’est toute cette activation, brancher tout un système, qui fait que vous arrivez à atteindre votre objectif et qui fait que vous arrivez à tirer le meilleur de l’outil que vous avez entre les mains, le meilleur de la pelleteuse quoi. Quand vous avez le meilleur conducteur de pelleteuse, vous avez le meilleur chef de chantier et le meilleur architecte, vous faites le meilleur résultat et le meilleur objectif au bout du compte. Ce n’est pas le sponsoring qui va remplir votre objectif. C’est juste un moyen de. Il faut que vous soyez en capacité vous, sponsor en interne, d’avoir les compétences pour, il faut que vous ayez le budget aussi pour activer votre sponsoring, il ne faut pas mettre toutes ses billes, tout son argent dans l’achat, l’acquisition de droits. Les droits restent des droits. Si vous n’avez plus d’argent pour les activer, c’est bien beau, vous aurez une pelleteuse que vous pourrez regarder mais vous en ferait rien, et au bout du compte, vous serez déçu. Et ça, les entreprises doivent le comprendre. Donc, j’espère que le sponsoring va aller de plus en plus vers ça. Mais au-delà des entreprises qui doivent le comprendre, c’est également les clubs qui doivent comprendre ça. Les clubs qui sont, les ayants-droits, qui vendent du sponsoring, doivent aussi avoir conscience de ça. C’est que leur produit n’est qu’un outil. Et pour que le client soit satisfait, il faut que l’outil, soit bien utilisé. Et donc ça pose la question où s’arrête l’accompagnement que je peux offrir à mon partenaire et c’est très stratégique, mais ça, le sponsoring doit basculer à ce niveau-là. Il y a de très bonnes choses qui sont faites mais cette conscience de l’accompagnement, cette conscience d’un sponsoring en tant qu’outil et de tout ce que ça représente de bien ou de risqué, on doit avoir une prise de conscience de ça et d’un accompagnement beaucoup plus grand. Je pense qu’on y arrive et c’est le futur changement aussi du sponsoring dans les clubs et chez l’annonceur.

KINIC SPORT : Et bien merci Nicolas Bourreau. On ne va pas tout dévoiler dans ce podcast. J’invite nos auditeurs à se rendre sur hellosportsbiz.com pour en savoir plus et pour recevoir la newsletter donc Hello Sport Biz. Merci d’avoir répondu à nos questions Nicolas Bourreau. 

NICOLAS BOURREAU : Merci à vous. Merci, c’était un plaisir.

Retrouvez le podcast de l’interview dès maintenant

 


 

NSCRIVEZ-VOUS A NOTRE NEWLETTER

CEO à | 0778265083 | [email protected] | Site Web | Plus de publications

Allan Kinic est le fondateur de l'agence Kinic. Expert en communication et marketing sportif, il anime régulièrement des formations et des conférences sur le sujet. Il accompagne les clubs, ligues et fédérations depuis de nombreuses années.

Poster un commentaire