Comment l’économie du sport tente-t-elle d’exister durant la crise sanitaire ?

Covid-19, Sport Business
crise sanitaire et secteur du sport

Comme beaucoup de secteurs, le monde du sport est particulièrement impacté par les mesures de restrictions mises en place pour lutter contre la crise sanitaire. En France notamment, les différentes fédérations et ligues aussi bien professionnelles qu’amateurs ont dû suspendre une majorité de leurs compétitions.

Ces décisions ont été nécessaires en raison du contexte actuel, et des conséquences devraient s’en faire ressentir à moyen terme pour le sport. Les responsables des études économiques sportives éprouvent une certaine inquiétude, pour les prochaines années.

Une activité économique et sportive en baisse

On compte aujourd’hui près de 22 % de ressources sous forme de subventions publiques allouées au secteur sportif, contre 45 % auparavant. Très touchées par le contexte pandémique, les associations sportives sont davantage sensibles aux facteurs environnementaux et à la distanciation sociale. Les mesures sanitaires touchent en particulier aux recettes des activités sportives et à la tenue d’événements qui ont, soit été annulés, soit été restreints. 

En effet, le secteur sportif est subventionné en général par la vente de billets lors de matchs ou d’événements. Soit ce dernier se tenait à huis clos, c’est-à-dire qu’aucune recette n’entrait en compte malgré le déroulement, soit il faisait face à des mesures de restrictions, où le nombre de billets vendus devait être limité. 

D’autre part, seulement 8 % des recettes des associations proviennent du sponsoring. Dans ce contexte de crise sanitaire, les entités employeurs sportifs ne peuvent garantir un soutien supplémentaire.

Des impacts à tous les niveaux

La filière sportive a connu une perte de son chiffre d’affaires qui pourrait avoir atteint les 30 %, contre un taux de croissance de seulement 4 à 5 %. Près de 85 000 infrastructures se sont retrouvées sans salariés. Le secteur de l’enseignement sportif et du coaching a été plus particulièrement touché. Alors, bien qu’il devrait bénéficier de fonds d’aide et de solidarité, ce domaine est bien plus exposé que les autres.

Il en est de même pour les associations sportives qui font, elles aussi, face à des difficultés majeures, avec des revenus en baisse d’environ 30 %. La sensibilité du secteur s’explique aussi par la structure atypique de leurs sources de revenus : subventions publiques, billetterie, revenus des usagers, ce qui les expose encore plus aux aléas de l’environnement économique.

Le football face à la pandémie

Reconnu mondialement et apprécié par une large majorité de la population, le football est un des secteurs sportifs les plus touchés par la crise sanitaire. Si certains joueurs ont été testés positifs au virus, l’économie dans ce domaine connaît également quelques complications.

En effet, plusieurs clubs essaient tant bien que mal de faire face à la crise, dont la majorité a demandé une baisse de salaire de la part de leurs joueurs. Si les « petits clubs », grâce à un élan de solidarité, ont pris part à cette idée, les joueurs des plus grands clubs ont refusé cette alternative. 

Cette dégradation financière s’explique par la chute des recettes de billetterie, en raison de la fermeture totale ou partielle des stades, mais aussi par la non-commercialisation des produits dérivés. Enfin, la retransmission télévisuelle des matchs et des rencontres a connu une forte réduction, étant donné le changement de structure des principaux tournois, tels que la Ligue des Champions.

Des chiffres affolants

On peut noter les chiffres rocambolesques liés à la gestion de la crise sanitaire. L’ensemble des droits TV représentait un montant de plus d’un milliard d’euros avant le début de la pandémie. Aujourd’hui, on compte une baisse de quasiment 40 % de ce chiffre. Confronté à des difficultés financières, le groupe Mediapro, responsable des diffusions, a montré son incapacité à régler les échéances.

Depuis, la ligue professionnelle de football cherche de nouveaux diffuseurs. Il semble que les mois à venir soient cruciaux pour les clubs, dont les finances dépendent en majorité des recettes liées à ces droits TV.

Une aide pour combler les pertes de billetterie

Le gouvernement français essaie tant bien que mal de soutenir le secteur sportif durant la crise. À cet effet, elle a mis à la disposition du secteur, une enveloppe de 120 millions d’euros pour combler les pertes et effectuer un plan de relance. À cela s’est ajouté également un fond de 107 millions d’euros pour essuyer les pertes liées à la vente de billets et de tickets. 

Avant de trouver d’autres solutions, aides ou supports, ces sommes visent à passer la crise pendant une courte durée. Le problème est de même, surtout si la situation sanitaire n’évolue pas durant les prochaines années. D’autres pistes sont suivies, telles que l’exonération des charges patronales sur les salaires.

L’e-sport, un secteur qui marche toujours durant la crise

Malgré des pertes financières record en raison de la crise sanitaire, l’industrie de l’e-sport connaît des chiffres à la hausse et demeure un secteur très attractif. En effet, malgré un contexte sanitaire particulier, l’e-sport reste un secteur rentable, si bien que le domaine se hisse au niveau des rangs sportifs traditionnels, tels que le football ou le basket.

En outre, toutes les compétitions et les spectacles de haut niveau ont trouvé un moyen de finir chaque compétition dans le respect des règles et des mesures restrictives sanitaires. Chaque équipe a eu la possibilité de jouer dans ses propres locaux, tandis que les éditeurs des jeux en ligne se sont employés à offrir tous les moyens techniques afin d’assurer une pérennité des compétitions (serveurs, caméras, arbitrage à distance).

Des investisseurs en masse

Aux yeux des investisseurs, le secteur de l’e-sport est un nouveau générateur de recettes au niveau mondial, et s’appuie sur des bases solides. Par ailleurs, des levées de fond ont été observées depuis le début de la crise sanitaire, ce qui montre que l’industrie sportive en ligne reste très attractive et rentable.

Les groupes d’e-sport professionnels du monde entier se sont vus attribués des bourses, des valorisations, voire des recrutements de nouveaux joueurs, chose que le sport traditionnel ne peut se permettre. Les chiffres restent spectaculaires, avec des sommes avoisinant les 2,5 millions d’euros et pouvant aller jusqu’à 50 millions d’euros.

L’industrie de l’e-sport se hisse donc au plus haut rang des 50 pratiques sportives les plus rentables au monde, derrière la Formule 1, le tennis ou encore la Coupe du Monde de football.

 


 

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Allan Kinic est le fondateur de l'agence Kinic. Expert en communication et marketing sportif, il anime régulièrement des formations et des conférences sur le sujet. Il accompagne les clubs, ligues et fédérations depuis de nombreuses années.

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